Un rapport explique les raisons qui empêchent les jeunes d’accéder à un emploi stable

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Un rapport explique les raisons qui empêchent les jeunes d’accéder à un emploi stable

La concertation en faveur de l’insertion professionnelle des jeunes (plus d’infos), s’est conclue le 24 janvier 2017 par la remise d’un rapport de diagnostic à la ministre du Travail, de l’Emploi, de la Formation professionnelle et du Dialogue social par France Stratégie et la DARES.

En France, 13,8 % des 20-24 ans sont au chômage – un sur-chômage qui persiste encore dix ans après leur entrée sur le marché du travail – et les 15 % des 15-29 ans qui ne sont ni en emploi, ni en études, ni en formation (les NEETs).

  • Le premier constat du rapport est connu : les jeunes les moins qualifiés sont ceux qui connaissent les plus grandes difficultés d’insertion professionnelle.
  • Le deuxième constat, c’est la différenciation des parcours : les trajectoires des jeunes sont très contrastées et sont fonction de leur parcours scolaire, lui-même largement lié à des déterminismes sociaux.
Le rapport montre que, parmi les facteurs expliquant le sur-chômage des jeunes, figurent des phénomènes de discriminations à l’embauche liés notamment à l’origine de ces jeunes, à leur religion supposée ou à leur lieu de résidence.
La spécialité du diplôme, voire sa filière d‘accès (voie scolaire-apprentissage) joue également un rôle dans l’insertion dans l’emploi.
Les jeunes pâtissent des dysfonctionnements du marché du travail et sont parmi les premiers exposés aux mutations structurelles. 35 % des 15-29 ans ont un contrat temporaire. Leurs trajectoires d’insertion dans l’emploi sont marquées par des passages par le chômage. 45 % des jeunes débutants n’ont pas été formés pour le travail qu’ils occupent, ce qui pose des problèmes d’adéquation entre l’offre de compétences et les attentes des recruteurs pour qui le diplôme reste le critère central d’embauche.

Le rapport identifie, par ailleurs, des freins périphériques à l’emploi tels que la capacité de mobilité, la maîtrise du numérique, l’état de santé, la précarité des conditions de vie dont l’absence de logement ou de couverture sociale, qui constituent des obstacles pour 10 % des 16-29 ans.
Le rapport montre, que 7 mois après la fin de leurs études, au niveau du CAP, 1 jeune diplômé sur 2 est en emploi lorsqu’il a le permis de conduire. Sans le permis, ils ne sont plus qu’1 sur 5.

Enfin, il évoque l’importance des phénomènes de non-recours à l’offre d’insertion sociale et professionnelle. Il souligne que les missions locales, et leur offre de service, demeurent encore ignorées d’une partie des jeunes. Si de nombreux dispositifs visent à répondre aux besoins différenciés des jeunes, les acteurs de terrain déplorent la complexité et l’instabilité de ces dispositifs d’aide. Le manque de visibilité et la multiplication des dispositifs sont une source d’incertitude pour les employeurs et de complexité pour les publics éligibles, donc potentiellement de non-recours pour les moins bien informés d’entre eux.

La dernière partie du rapport est entièrement consacré à l’apprentissage.
Il mentionne notamment qu’un quart des contrats sont rompus avant leur date de fin prévue.
Il note également qu’entre 2009 et 2014, les entrées d’apprentis de niveau IV ou V ont chuté de 24 % en raison essentiellement de la diminution de l’emploi des jeunes dans les secteurs traditionnels de l’apprentissage. Dans la coiffure-esthétique, le BTP et l’industrie, un poste d’apprenti sur cinq a été supprimé entre 2009 et 2014. Ont également été concernés, mais dans une moindre mesure, les métiers de bouche, la vente et les ouvriers de type artisanal.

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