mercredi 10 mars 2010

participez à l'enquête
Accédez au site des programmes européens - L'europe s'engage en Poitou-charentes
Accueil Infos légales ARFTLV - Les liens partenaires, formation,... Forum Formation : innover former pour répondre ...

Mutations économiques

Publiée le 05/02/2010

Partagez cet article avec vos followers Partagez cet article sur facebook Partagez cet article avec votre réseau windows live Partagez cet article sur Yahoo! Buzz. Enregistrer cette page en favoris Delicious

Forum Formation : innover et former pour répondre aux besoins

Le 5e forum régional de la formation, organisé le 3 février 2010 par la Région Poitou-Charentes, s’est déroulé sous le signe du travail et de ses évolutions. Alors que la crise se fait toujours durement sentir, provoquant une baisse d’activité dans les entreprises et une hausse importante du chômage, le stress et la souffrance au travail augmentent. La Région mobilise l’ensemble de ses dispositifs. Elle a signé une charte d’engagement contre la crise avec l’Etat et les partenaires sociaux, pour être en capacité de proposer rapidement des formations aux salariés et aux entreprises en difficulté.

Plusieurs intervenants ont insisté sur le caractère peu ordinaire d’une période d’incertitude dont un des principaux effets est la perte de confiance entre acteurs de l’économie. D’où la nécessité de réorganiser un système qui devra se trouver un nouvel équilibre. Point positif, des esquisses de réponses se dégagent, basées sur l’innovation technologique et le développement de marchés émergents. L’élévation des compétences s’avère plus essentielle que jamais, particulièrement chez les dirigeants qui doivent, pour Daniel Cholley, consultant en dialogue social, donner la priorité à un « management ouvert » reposant sur une véritable communication sociale permettant aux salariés de participer pleinement à l’activité de leur entreprise.

Dans la même logique, la formation ne peut pas être seulement une réponse à des situations ponctuelles, mais le droit à la formation régulière doit déboucher sur une véritable sécurisation des parcours. Des outils comme les entretiens individuels, les fiches de postes, sont trop souvent vécus comme des formalités. Alors qu’ils devraient être, entre autres, les piliers d’une réelle évolution des comportements managériaux.

Pour François Guérin, de l’Institut du temps géré, le travail reste une valeur forte, mais qui se trouve en décalage par rapport à ce qui est vécu et déclaré par les salariés. Car les grilles d’évaluation peinent à rendre compte de la réalité du travail effectivement réalisé. La mobilité et la capacité de changement attendues des salariés doivent avant tout être socialement acceptable.

Rendre le travail plus humain est possible, mais ne peut pas être une affaire de méthodes pures selon Michel Adam, du réseau Intelligence de la Complexité, qui insiste sur la confusion trop souvent faite entre emploi et travail, confusion qui empêche de trouver des solutions innovantes. Salariés et employeurs se trouveront toujours dans des positions opposées, l’enjeu consistant à trouver des compromis intelligents et une véritable coopération. Les groupements d’employeurs et l’économie sociale proposent des expériences intéressantes, tout en affirmant l’importance de la « biodiversité des modèles » pour garantir la solidité du tissu économique. Les témoignages de plusieurs entreprises (SAGEM, Lippi, Advanced Comfort Systems) ont permis de présenter le concept et les avantages de l’« entreprise apprenante », ainsi que les bénéfices recueillis par les organisations grâce à la formation continue des personnels en termes de production mais également dans l’amélioration des relations et des pratiques managériales.

Améliorer la confiance dans les entreprises est un processus efficace, mais long à mettre en place, à l’opposé des méthodes habituelles de contrôles-sanctions. Olivier Bouba-Olga, chercheur à l’université de Poitiers, estime qu’il existe un problème de formation au management et plus largement un déficit « d’innovation organisationnelle ». Et pourtant des réponses territoriales sont envisageables. Encore faut-il pouvoir s’extraire des logiques verticales et de cloisonnement qui bloquent ces évolutions.

Les organismes de formation sont amenés eux aussi à innover et à s’adapter pour mieux répondre aux besoins des publics, en particulier avec le service public régional de la formation mis en place par la Région. Daniel Opic, vice-président du conseil régional, ne rappelait-il pas que l’innovation était une désobéissance réussie ?

Les contributions au Forum seront disponibles sur www.poitou-charentes.fr