L'économie sociale et solidaire (ESS)

L’économie sociale et solidaire représente environ 600 000 recrutements d’ici 2020. Avec près de 200 000 entreprises ou structures de l’ESS, les secteurs d’activités, tout comme les métiers sont variés.
L'Economie sociale et solidaire est une priorité en Poitou-Charentes et son développement est au coeur de la stratégie régionale de promotion de « l'entreprendre autrement » qui met l'humain au cœur de l'économie.

Qu’est-ce que l’économie sociale et solidaire ?

L’économie sociale et solidaire (ESS) rassemble les entreprises qui cherchent à concilier activité économique et utilité sociale. La loi du 31 juillet 2014 en définit les principes et le champ. Elle fixe les conditions requises pour revendiquer son appartenance à l'ESS.

Les acteurs de l’ESS donnent la première place, dans leur développement économique, aux hommes plutôt qu'aux capitaux. Ils doivent poursuivre un autre but que le seul partage des bénéfices, avoir une gouvernance démocratique prévoyant l'information et la participation des associés, des salariés et des parties prenantes aux réalisations de l'entreprise et respecter des principes de gestion définis par la loi.

L'ESS est composée des activités de production, de transformation, de distribution, d'échange et de consommation de biens ou de services qui peut être mis en œuvre dans tous les domaines, par des coopératives, mutuelles, fondations, associations, mais aussi des sociétés commerciales qui recherche une utilité sociale et dont les statuts respectent les principes de l'ESS.

Leur utilité sociale est avérée lorsque leur objet social est :
- d'apporter un soutien à des personnes en situation de fragilité soit du fait de leur situation économique ou sociale, soit du fait de leur situation personnelle et particulièrement de leur état de santé ou de leurs besoins en matière d'accompagnement social ou médico-social,
- ou de contribuer à la lutte contre les exclusions et les inégalités sanitaires, sociales, économiques et culturelles, à l'éducation à la citoyenneté, notamment par l'éducation populaire, à la préservation et au développement du lien social ou au maintien et au renforcement de la cohésion territoriale,
- ou de concourir au développement durable dans ses dimensions économique, sociale, environnementale et participative, à la transition énergétique ou à la solidarité internationale, sous réserve que leur activité soit liée à l'un des 2 objectifs précédents.

Pour aller plus loin :
Consulter la publication réalisée par l’Avise et l’ARF : « Mode d’emploi : l’économie sociale et solidaire en région » (2016)

Le Conseil régional s'engage en faveur de l'ESS

Le Conseil régional a adopté en juin 2011 un Schéma de développement économique, écologique, social et solidaire (SRDEESS) pour 2011-2015 qui prévoit des actions à conduire sur huit axes prioritaires dont la mutation sociale, écologique et solidaire des entreprises.

La Région vise à développer « l'entreprendre autrement » en mettant l'humain au cœur de l'économie. A ce titre, elle :
- accompagne tous les acteurs de l'ESS pour les aider dans leur structuration et dans leur professionnalisation,
- soutient l’entreprenariat coopératif (création/transmission/reprise de sociétés coopératives) et l'emploi (dont l'emploi partagé).
- encourage le déploiement d’outils financiers tels que le financement participatif,
- s’investit dans l’organisation du Salon annuel de l’ESS qui a pris depuis 2014 une envergure nationale.
- a mis en place le 1er centre de formation de France pour la formation de jeunes entrepreneurs de l’ESS : l’école ESS « hors les murs ».

Par ailleurs, la Région intervient en faveur des projets économiques de l’ESS au travers du Fonds Régional d’Investissement Solidaire. Ce dernier assure les garanties nécessaires pour la mobilisation des fonds du SIFA auprès de porteurs de projets sociaux et solidaires et de sa participation régionale dans le Fonds de Garantie de France Active.

L’ESS a un laboratoire régional, co-animé par la Région et la Chambre Régionale des entreprises d’Economie Sociale et Solidaire qui explore toutes les formes innovantes en matière d’ESS. Il assure notamment la mise en œuvre d’actions définies dans le Plan Régional de Développement de l’Economie Sociale et Solidaire annoncé en décembre 2010 et dont l’objet est de développer les financements solidaires, développer et sécuriser les emplois et l’organisation territoriale de l’ESS ou encore promouvoir ce secteur par la sensibilisation et la formation.

Une conférence régionale de l'ESS, organisée par l'Etat et la Région, s'est tenue en septembre 2015 pour faire le point sur les actions engagées, compléter et actualiser le Plan régional adopté en 2010. A l'issue de cette conférence, la Région Poitou-Charentes a proposé 24 mesures en vue de l'élaboration du futur Schéma régional de développement économique, d'innovation et d'internationalisation (SRDE2I) qui sera élaboré par la Grande Région (+d'infos).

Panorama du secteur : les chiffres-clés

L’économie sociale et solidaire (ESS) occupe une place importante dans l’économie française. Avec 222 912 établissements employeurs en France et 2,3 millions d’emplois, l’ESS représente 12 % des emplois privés en métropole et en outre-mer.
600 000 recrutements sont prévus d’ici 2020 en raison des départs à la retraite.
Selon l’Insee, l’économie sociale et solidaire (ESS) en Aquitaine-Limousin-Poitou-Charentes (ALPC) représentait 12 % de l’effectif salarié de la région, en 2013, ce qui place la future grande région au 2e rang des régions, derrière la région Bourgogne-Franche-Comté au regard du poids des effectifs salariés dans les mutuelles et au 3 e rang pour cette même part dans les coopératives, après les régions Bretagne et Pays de la Loire.

L’ESS régionale se structure principalement autour des associations. Les mutuelles et les coopératives restent néanmoins ancrées dans le paysage ALPC grâce à ses pôles historiques en Deux-Sèvres notamment. Les salaires de l’ESS varient sensiblement d’une famille à une autre et sont en moyenne plus faibles que ceux de l’ensemble de l’économie régionale. Le temps partiel y est aussi plus répandu. Si globalement l’ESS est une économie très féminisée, celle de la nouvelle région l’est un peu moins qu’ailleurs.

A consulter pour aller plus loin :

  • Edition 2015 du Panorama de l'ESS en France par la CNCRES - Lire
  • Etude Insee sur l’Économie Sociale et Solidaire en Aquitaine-Limousin-Poitou-Charentes - Lire
  • Panorama de l'ESS en Poitou-Charentes par l'Observatoire de l'économie sociale et solidaire - Lire
  • Etude de Recherches & Solidarités sur l'économie sociale en Aquitaine Limousin Poitou-Charentes. Lire
  • Etude de l'Apec sur le marché de l'emploi cadre dans l'économie sociale et solidaire - Lire

Les métiers de l'ESS : quel périmètre ? quels sont les besoins en compétences ?

Les métiers de l'ESS sont présents dans douze branches : des acteurs du lien social et familial ; de l'aide, de l'accompagnement, des soins et des services à domicile ; de l'animation ; des foyers, résidences sociales et services pour jeunes ; du logement social ; des missions locales ; de la mutualité ; de la radiodiffusion ; des régies de quartier ; du tourisme social et familial ; du sport ; des sociétés coopératives et participatives.

Pour aller plus loin, consulter :

  • le guide des métiers des branches professionnelles fédérées par l’UDES - Lire
  • la liste des métiers de l’ESS, par branche, par la CRESS Poitou-Charentes - Lire


Un quart des salariés de l’ESS devrait prendre sa retraite d’ici 2020. Ce phénomène se retrouve dans toutes familles de l’ESS, plus fortement chez les mutuelles et les fondations, où plus de 28% des effectifs ont plus de 50 ans. 4 secteurs d’activité sont principalement concernés : l’enseignement (32% de salariés âgés de 50 ans et plus), la santé (28%), les activités financières et d’assurance et de l’action sociale.

La filière va donc connaître un fort besoin de renouvellement de ses salariés. Cette situation soulève des enjeux importants en termes de gestion des âges, de transmission de savoirs et de compétences ou encore d'accès à la formation.

Pour aller plus loin, consulter :

  • Etat des lieux des formations en ESS - Lire
  • Mobiliser les emplois d'avenir pour répondre aux besoins de l'ESS - Lire
  • L'emploi des jeunes dans l'économie sociale et solidaire - Lire
  • Départs à la retraite des effectifs salariés de l’ESS et stratégies des entreprises pour y faire face - Lire

A noter : Un enquête menée par Chorus Cides constate une augmentation des arrêts maladie de courte durée et une progression de l’absentéisme quelle que soit la tranche d’âge ou d’ancienneté dans l’ESS.
Cette progression généralisée révèle une dégradation de l’état de santé des salariés plus marquée dans l’ESS que dans le secteur privé lucratif. Cette hausse est représentative d’une aggravation des facteurs de risques psychosociaux.
Le taux d’absentéisme est très faible dans l’animation ou le sport, où on retrouve de petites associations. Il est en revanche beaucoup plus élevé dans les secteurs de l’aide à domicile ou encore de la prise en charge du handicap, qui comptent de gros établissements.

 

Dossiers associés

  • Le Schéma régional de développement économique, d'innovation et d'internationalisation (SRDEII)

    Le SRDEII est une feuille de route pour le développement régional et formalise la politique d'aide de la Région aux entreprises

    Consulter