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L'automobile

La filière automobile regroupe les entreprises du secteur de l’industrie automobile, c'est-à-dire les constructeurs et équipementiers automobiles ainsi qu'un ensemble d'industries qui interviennent comme sous-traitantes ou fournisseurs de ces premiers (chimie, caoutchouc, verre, équipements mécaniques, électriques, etc.).

Pour encourager l'évolution et le développement de la filière face notamment aux enjeux environnementaux, aux changements de production ou encore aux besoins croissants de personnels qualifiés, l'Etat et la Région ont mis en place des politiques d'accompagenemt de la filière au travers d'une charte de soutien et d'accords nationaux et régionaux.

Les évolutions attendues de la filière

Davantage d’électronique, des véhicules plus sûrs, plus intelligents, changement au plan écologique et environnemental avec la réduction des émissions de CO2, réduction de la consommation d’énergie, développement des motorisations hybrides et électriques, telles sont quelques uns des changements attendus pour la filière automobile.

Le défi de ces nouvelles technologies sera corrélé avec des compétences nécessaires à leur développement. Selon une étude du Bipe, mandaté pour évaluer les besoins futurs en recrutement dans les sept principales régions automobiles françaises et mesurer la capacité du système éducatif à former suffisamment de jeunes pour y répondre, la filière continuera à recruter en raison d’une pyramide des âges particulièrement vieillissante et de la mobilité des salariés.

Trois domaines de technologies nécessiteront des compétences nouvelles : l'économie des matières premières (compétences en écoconception, matériaux composites et recyclage) ; les motorisations électrifiées (compétences en chimie, électronique et électrotechnique) ; l'électronique et l'informatique embarquées (besoin de compétences en électronique et en numérique).

Chez les constructeurs et les équipementiers, ce sont les ingénieurs, les cadres techniques ainsi que les techniciens et les agents de maîtrise qui son plébiscités.

Mais la demande est toujours soutenue pour les soudeurs et les chaudronniers. Ils sont fortement demandés surtout chez certains équipementiers. Il en est de même pour tous les métiers liés à la maintenance et à l’électronique.

Les métiers qui recrutent ou vont recruter dans l'automobile

Les ouvriers repésentent la main d'oeuvre principale de la filière et de réelles difficultés perdurent sur certains profils : chaudronniers, soudeurs.
Mais les métiers qui devraient se développer le plus sont liés à l'énergie. Viennent ensuite les secteur de l'électronique-électrique-électromécanique dont les composants constellent de plus en plus les habitacles des véhicules.

Les constructeurs et les équipementiers automobiles ainsi que les sous-traitants vont recruter entre 20 000 et 25 000 personnes par an jusqu'en 2020. Certaines devront travailler sur l'éco-conception des véhicules et accompagner la révolution des nouveaux aciers, des matériaux composites, d'autres devront développer la mobilité intelligente et les nouvelles motorisations hybrides et électriques... Et avec des problématiques à traiter comme la gestion de l'interface homme machine, l'intelligence artificielle, les industriels ouvrent grand les bras pour accueillir les professionnels formés au numérique.  + d'infos.

Le Gouvernement a également décidé de faire émerger de nouveaux emplois à travers la création d'une véritable filière française de la déconstruction et du recyclage automobile. En savoir plus.

La formation continue pour adapter les compétences des salariés

L'offre régionale de formation propose des cursus préparant aux évolutions technologiques que la filière automobile va rencontrer : bac professionnel électrotechnique, énergie, équipements communicants (ELEEC), DUT Génie électrique et informatique industrielle, ou encore Master Ingénierie de l'innovation technologique.

Sachant que le contexte économique, environnemental et écologique ne va pas engendrer de façon sensible la création de nouveaux métiers dans le secteur "constructeurs et équipementiers de premier rang" mais plutôt générer des évolutions professionnelles, voire des reconversions, c'est davantage dans la formation continue que des efforts restent à faire afin d'adapter les compétences des salariés.

Pour aller plus loin :

Une filière soutenue par l'Etat et la Région

Les priorités du gouvernement pour la filière automobile sont marquées par trois préoccupations majeures :

  • renforcer progressivement la lutte contre l’effet de serre et d’améliorer la qualité de l’air ;
  • innover dans les domaines du véhicule écologique, connecté et autonome ;
  • faire en sorte que les entreprises de la filière soient compétitives dans un marché mondialisé.

Pour accompagner cette évolution de la filière, l'Etat a engagé une charte nationale de l'automobile et un plan national de soutien à la filière.


Une Charte régionale de soutien à l'industrie automobile

Dans le cadre de la politique nationale de soutien aux entreprises du secteur automobile, l’État, la Région et l’UIMM, en lien avec les branches professionnelles et les partenaires sociaux, se sont accordés sur une stratégie globale de soutien à la filière en Poitou-Charentes. Un accord a été signé en juin 2013 dans le but d’accompagner les évolutions économiques de la filière et d’anticiper leurs conséquences sur l’emploi et les compétences.

Une publication de la mission OREF de l’ARFTLV indique qu’en Poitou-Charentes, 31 000 professionnels sont concernés par la conception, la fabrication, et l’entretien des systèmes mécaniques.
58 % d’entre eux travaillent dans l’industrie : prioritairement, dans la fabrication de machines et équipements, puis dans la fabrication de matériels de transport et le travail des métaux.
La mécanique automobile (commerce et réparation) tient aussi une place non négligeable. On y trouve les deux tiers des artisans de ce secteur.
La filière doit s’adapter aux changements rapides de production et fait face à un besoin des entreprises pour des personnels de plus en plus qualifiés.
Les établissements et les emplois sont majoritairement concentrés dans la Vienne (36 % des entreprises et 49 % des emplois) et dans les Deux-Sèvres (40 % des entreprises et 26 % des emplois). Par ailleurs, le secteur automobile a recours au travail temporaire, puisque l’on estime à 3 700 le nombre de salariés intérimaires travaillant pour l'automobile en Poitou-Charentes.

Selon une étude de l'Insee, depuis 2008, le constat régional est conforme au constat national : recul de l’emploi industriel, recul de la position de l’industrie au sein de l’économie, faible dynamique en matière d’investissements et d’innovation et trop faible nombre d’entreprises de taille significative. Les matériels de transport font partie des secteurs qui ont le plus contribué à l’érosion de l’emploi industriel régional.

 

Dossiers associés

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    Accord cadre régional de coopération pour le Soutien et l’accompagnement des entreprises du secteur automobile et de leurs salariés

    Signé en juin 2013 par les branches professionnelles du secteur, les organisations syndicales de salariés, l’Etat et la Région Poitou-Charentes, cet accord est la déclinaison de la Charte Automobile nationale.

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