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La filière nautique

L'Hexagone est en première position mondiale dans les domaines de la voile et de la glisse, et en quatrième sur le segment de la production de bateaux à moteurs. Selon la FIN (Fédération des industries nautiques) la filière nautique compte plus de 5 000 entreprises, dans 30 catégories distinctes (constructeurs, motoristes, loueurs, importateurs, activités du négoce et de la maintenance, prestataires de services…), qui emploient près de 40 000 personnes au total.

La filière nautique représente, sur le territoire Poitou-Charentes, près de 4000 emplois répartis sur environ 400 entreprises qui couvrent l’ensemble des métiers du secteur.

Zoom sur la filière régionale

  • L’emploi de ce secteur en Poitou-Charentes est relativement concentré dans quelques entreprises : 46% dans des entreprises de plus de 50 salariés (soit 3,4% des entreprises de la filière) et 16,3% dans des TPE de moins de 6 salariés (soit 67% des entreprises de la filière).
    L'emploi est essentiellement composé de personnels ouvriers (71%). Les employés, techniciens, agents de maîtrise ne représentent que 20% des emplois et les cadres 9%.
  • La pyramide des âges des salariés de l’ensemble du secteur est assez équilibrée, bien que présentant des spécificités selon la taille et le secteur d’activité des entreprises.
    On relève un effort particulier pour la féminisation de l’emploi et sur la place des jeunes.
    L’âge moyen des chefs d’entreprise est de 58 ans. C’est un secteur qui recrute, mais la croissance observée de l’emploi au cours des dernières années masque des disparités selon les secteurs et concerne surtout les entreprises de plus de 50 salariés.
  • Le nautisme de plaisance, qui consolide les métiers de la construction navale, de la conception à l'armement, se concentre en Gironde (bassin d'Arcachon et Bordeaux) et en Charente-Maritime (La Rochelle). Cette filière totalise 800 entreprises (400 dans chaque département), compte 6 300 emplois, dont 3 400 en Charente-Maritime et 2 900 en Gironde, pour un chiffre d'affaires consolidé de 760 M€. Cette filière régionale est avantagée par la tenue à La Rochelle du Grand Pavois, plus grand salon nautique de la façade atlantique.
  • L'innovation est un enjeu pour les entreprises régionales et porte essentiellement sur la mise en œuvre de procédés de fabrication innovants et de ressources respectueux de l’environnement.

Le Plan de développement du nautisme et de la plaisance

En mars 2017, la FIN a publié son Plan de développement du nautisme et de la plaisance. Fruit d'une démarche participative, il rassemble les orientations stratégiques attendues des professionnels de la filière.

5 problématiques ont été repérées :

  • la compétitivité de la filière (l'expertise, l'innovation),
  • le développement du marché (séduire de nouveaux pratiquants, promouvoir l'image de marque de l'offre française),
  • le développement durable (accompagner les entreprises, valoriser les bonnes pratiques),
  • les territoires (mieux mesurer le rôle moteur du nautisme dans les régions littorales).

Enfin, au niveau national, la FIN se donne pour objectif de créer un cadre interministériel de concertation spécifique à la filière nautique et d'adapter les services de l'Etat aux besoins du secteur.

La Nouvelle-Aquitaine, bassin d’emploi et de compétences nautiques de premier plan

Selon le Journal des professionnels, la région de La Rochelle est l’une des locomotives de l’industrie nautique française. Le nautisme contemporain est né en Charente-Maritime et les principaux acteurs ont su conserver leur place de leader mondial, avec une filière qui rassemble tous les métiers de la construction navale, de la conception à l’armement. On y trouve une forte concentration de professionnels et d’experts.

Le 13 novembre 2015, le Conseil départemental de Charente-Maritime organisait une table-ronde sur les enjeux des filières maritimes dans la future grande Région. Le nautisme représente 400 entreprises en Charente-Maritime, comme en (ex-)Aquitaine, 3 400 salariés contre 2 900 et 400 M€ de CA contre 360. Concernant la plaisance, avec la nouvelle Région ce sont 12 000 places pour les bateaux (réparties dans 29 ports de plaisance) que la Charente-Maritime va ajouter aux 10 000 (réparties dans 23 ports de plaisance) que compte l’Aquitaine.

En 2018, la thématique de la croissance bleue est devenue une priorité régionale. Les entreprises de Construction et Maintenance Navale (4 000 salariés en 2016 ) manifestent des besoins en recrutement non pourvus, qui freinent leur développement.

Afin de répondre à ces besoins, les président des Régions Bretagne, Normandie, Pays de la Loire et Nouvelle-Aquitaine ont conclu avec les directions de grandes entreprises du secteur une déclaration d'intention pour dynamiser les appareils de formation du secteur naval à l’échelle interrégionale. L'un des objectifs est de mettre en place un continuum allant du CAP au diplôme d’ingénieur et de travailler sur les parcours en favorisant l'alternance. Plus d'info.

En septembre 2017, La Tribune s'intéresse au renouveau de la filière nautique en Nouvelle-Aquitaine depuis la crise de 2008 et consacre 2 articles à ce sujet sur son site web, le premier centré sur les géants du marché, le deuxième sur les petites et moyennes entreprises du secteur.

Une filière en constante innovation

L'ensemble des métiers du nautisme présents en Charente-Maritime permet à la filière d'être toujours à l'avant-garde des innovations : amélioration des techniques de production, économie d'énergie et de matières premières, respect des nouvelles normes environnementales.

L'innovation réside par exemple dans les capacités d’organisation de la filière nautique. Des associations de professionnels de la filière nautique viennent composer et soutenir le développement du tissu industriel. Une vingtaine de PME regroupées dans l’association Pôle Refit La Rochelle vendent leur savoir-faire dans la réparation et l’entretien des grands navires de plaisance. De son côté, LR2N (La Rochelle Nautic Network) est une association qui a pour objet de relier les professionnels du nautisme en Poitou-Charentes tout en faisant un travail de promotion de la filière. Le développement durable est au cœur des pratiques de l’association qui anime des actions collectives pour répondre aux appels à projets.

Côté environnement, une filière de responsabilité élargie du producteur (REP) sur les bateaux de plaisance qui englobe le recyclage et la déconstruction est prévue au 1er janvier 2018 dans une cadre de la loi du 20 juin 2016 sur l'économie bleue. Une étude d’impact de terrain menée par l’Association pour la Plaisance Eco-Responsable (APER), à l’échelle nationale, doit permettre d’évaluer les gisements de bateaux de plaisance (stock et flux) destinés à la déconstruction et d’élaborer un modèle économique cohérent et réaliste au regard des enjeux de la filière nautique française.

Concernant les compétences, le plan régional 2015-2016 prévoit de favoriser la mise en place d'actions de formation adaptées aux industries nautiques, en particulier pour accompagner le développement à l'international des PME nautiques avec des actions de perfectionnement en anglais commercial et une sensibilisation à la culture étrangère.

Les métiers

La Fédération des Industries Nautiques (FIN) a pour vocation des défendre, représenter et promouvoir les métiers de la filière nautique française, en France et à l’international. Elle compte près de 600 adhérents, regroupés en 11 métiers de l’industrie et des services nautiques :

• Constructeurs
• Equipementiers
• Motoristes
• Loueurs fluviaux
• Loueurs maritimes
• Négoce
• Maintenance
• Services
• Grande plaisance
• Sports de glisse
• Sports de pleine nature

Avec 40 000 employés dans 5 000 entreprises, l'industrie nautique en France est un secteur très dynamique, qui connaît une croissance soutenue. Les départs en retraite dans les prochaines années étant estimés à plus de 20% des effectifs sur l'ensemble de la filière, plus de 8 000 postes seront à pourvoir.

En Charente-Maritime on trouve une forte concentration de professionnels (accastillage, voilerie, aménagement, électricité, électronique) et un grand nombre d’experts (architectes navals, bureaux d’études "structures", ingénieurs CAO/DAO,...). Et les architectes navals charentais-maritimes sont à l'origine de 60% des plans de bateaux de plaisance produits en France.

La FIN a repéré quatre métiers qui sont particulièrement en demande. Parmi les corps de métiers industriels de construction, deux en particulier sont à la recherche de main d'oeuvre nombreuse et qualifiée car ils forment l'artère principale du système : les menuisiers d'agencement, qui s'occupent essentiellement des aménagements intérieurs, et les techniciens composites, en charge de la coque et de la structure.
Une fois les bateaux construits, les métiers de services aux plaisanciers ont également besoin d'un grand nombre de bras pour assurer la restauration et le réaménagement de bateaux qui ont bien vécu et subi les dommages inhérents à l'environnement salin et aux aléas climatiques. Pour effectuer la plus grande part des travaux, on recrute surtout des agents de maintenance et des mécaniciens réparateurs.

Où se former ?

Lycée professionnel de Rompsay, Lycée régional d'enseignement maritime et aquacole (LREMA), AFPA Rochefort... les établissements ne manquent pas pour se qualifier dans le nautisme.

L'ARFTLV a publié en 2016 un guide recensant les formations aux métiers de la mer, dont ceux du nautisme, en Poitou-Charentes.

De son côté, la Fédération des Industries Nautiques a publié son catalogue interrégional des formations, notamment celles labellisées par la FIN.