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Cuir-Luxe-Textile-Métiers d'art

L’industrie textile regroupe les domaines des fils, des tissus, de l’habillement, du cuir, mais aussi de la mode et du luxe et des textiles techniques. Portée par ces deux dernières spécialités, cette filière employait en France en 2015 environ 104 000 personnes (chiffres semi-définitifs de l’INSEE).
En 2015, l’observatoire des métiers comptait 7240 entreprises dans les diverses branches. Le secteur a connu des difficultés pendant de nombreuses années. Suite à une diminution forte et continue du nombre d’emplois, la tendance s’est légèrement inversée à la hausse courant 2015. Sur le territoire Poitou-Charentes, la situation s’est stabilisée depuis 2010. 6000 personnes environ étaient employées du textile en 2015, sur environ 14000 en Nouvelle-Aquitaine.
Cette industrie connaît le plus fort taux de départ des ouvriers : 46% entre 2010 et 2020 ; un grand nombre de ces postes ne seraient pas remplacés. La digitalisation et une orientation du secteur vers le domaine du luxe entraînent une réduction de la main d’œuvre ainsi que sa montée en qualification.

Une filière stratégique au niveau national

EDEC national pour la transition numérique de la filière

La transformation numérique affecte tous les métiers de la filière, menaçant certains postes de disparition. Les nouveaux outils servent aussi l’organisation du travail. Les niveaux de qualification et les compétences doivent s’adapter.
Un Engagement de développement de l’emploi et des compétences (EDEC) a été signé pour assister la transition digitale dans la filière (lire l'accord). Conclu pour la période 2016-2019, cet accord cadre national propose aux TPE-PME plusieurs actions d’accompagnement : un état des lieux de la maturité numérique de l’entreprise, une création de plateforme digitale RH, un développement d’outils numériques pour la gestion des compétences et de la formation.

 

La filière mode et luxe

Cette filière est une spécialité française, notre pays se situant en effet au premier rang mondial dans le secteur du luxe. L’industrie de la mode et du luxe doit cependant faire face à quelques faiblesses et, de façon à la consolider, un comité stratégique national a été institué. Regroupant des professionnels du secteur, les pouvoirs publics et les organisations syndicales, il compte six groupes de travail. Ses objectifs sont de préserver et valoriser les savoir-faire, créer de l’emploi et contribuer au renouveau de l’industrie. Pour y parvenir, la formation et la valorisation de métiers devront faire l’objet d’une attention particulière.

Consulter la présentation du CFS et ses publications à destination des professionnels

Une filière prioritaire régionale

L’emploi en région

En Nouvelle-Aquitaine,  80% des entreprises de la filière emploient moins de 50 salariés. De nombreuses entreprises sont en mutation, reprises par de nouveaux dirigeants. En 2016, selon Pôle Emploi, les projets de recrutement en Nouvelle-Aquitaine s’élevaient à 345, avec une difficulté à recruter s’élevant à 37%. Ils  concernaient des postes d’ouvriers du textile, du cuir et de l’ameublement et quelques postes d’attachés commerciaux et agents de maîtrise. Les compétences recherchées changent, elles sont associées au sur-mesure et à l’utilisation des outils numériques.

Sur le territoire Poitou-Charentes, la filière compte environ 775 établissements, et un nombre d’employés qui représente 3% de l’emploi industriel. Les principales activités sont la fabrication de chaussures, d’articles de voyage et de maroquinerie, ainsi que de vêtements. Jusqu’en 2010, le nombre d’entreprises a diminué, il s’est aujourd’hui stabilisé.

Qui sont les employés ?  La filière emploie 69% de femmes (28% pour l’industrie en général). Les employés sont majoritairement des ouvriers non qualifiés (37%), des couturières et tailleurs qualifiés (20%), des artisans (18%) et des ouvriers qualifiés (12%). La proportion de 50ans et plus est de 42%, ce qui pose un problème de conservation des savoir-faire et de perte des compétences.

Les ateliers Hermès "la  Maroquinerie de la Tardoire" ont ouvert à Montbron en 2015. Avec ses 175 salariés, l’entreprise est le quatrième employeur du secteur sur le territoire Poitou-Charentes, derrière Aigle International à Ingrandes, les Ateliers réunis du centre Ouest à Châtellerault et Faurecia intérieurs à Mornac. 28% des emplois du secteur se trouvent dans le bassin de Châtellerault.

En Nouvelle-Aquitaine, le domaine cuir (chaussures, habillement, textile) représente 413 établissements et 7760 salariés. La croissance est d'environ 100 emplois par an.

Plus d'informations sur le GFE 10

Plus d'informations sur l'évolution de la filière

 

Une filière prioritaire

La Région Nouvelle-Aquitaine a inscrit le groupe textile-cuir-luxe-métiers d’art  sur la liste de ses filières prioritaires.
Les trois objectifs définis pour la filière sont :
- la consolidation et le développement de l’activité économique existante
- la création et le maintien des emplois non-délocalisables
- la contribution à l’attractivité du territoire.

Des enjeux sont déterminés pour chacun des deux périmètres: travail du cuir et textile-chaussant. La spécialité cuir devrait tendre vers une intégration verticale sur le territoire (de la recherche de peaux à la transformation) et vers une collaboration avec l’univers du luxe, elle devrait encourager l’innovation et assurer la pérennité des savoir-faire.
La spécialité textile-chaussant fait l’objet d’orientations visant à sécuriser les savoir-faire, investir le domaine des textiles techniques, consolider l’image de marque et développer l’exportation.


Un accord-cadre régional


Un accord-cadre régional a été signé en avril 2017 par l’Etat, la Région, les 7 branches professionnelles et l’OPCA OPCALIA. Cet accord-cadre de développement des emplois et des compétences des entreprises permettra, de 2017 à 2019, d’engager des actions d’accompagnement de la filière.

La formation, la professionnalisation, la sécurisation des parcours seront l’objet d’un accompagnement de façon à anticiper les besoins de formation, préserver les savoir-faire et renforcer la compétitivité.
Les bénéficiaires seront prioritairement les entreprises de moins de 250 salariés. L’accompagnement visera particulièrement les salariés peu qualifiés ou dont les compétences doivent s’adapter.


6 axes d’intervention ont été définis :

- le développement de la Gestion Prévisionnelle des Emplois et des Compétences (GPEC) dans les entreprises
- le développement de l’employabilité et la qualification
- le maintien et le transfert de compétences
- la mise en œuvre d’actions de formation visant à l’amélioration de la performance
- l’aide à la transformation numérique des entreprises
- l’aide au développement à l’international par la formation.


Consulter la page de la Région sur la filière Cuir et le document Orientations en faveur des filières prioritaires


Une Cité du Cuir

L'ouverture d'une Cité du Cuir est prévue en 2020 à Saint Junien (87). Elle s'appuiera sur le patrimoine industriel de la ganterie et la mégisserie. Espace touristique et patrimonial, elle comprendra espace muséographique, scénographie, lieu d'exposition et ateliers.

Le cluster Réso'Cuir

Le cluster Réso'Cuir existe depuis le 22 novembre 2016, sa création était l’une des préconisations de la filière prioritaire. Une trentaine de membres constitue ce réseau.
La filière cuir rassemble plus de cent entreprises et 4800 emplois en Nouvelle-Aquitaine, elle comprend des marques prestigieuses telles que Repetto, Weston et Hermès. La région dispose de la filière complète, de la production de peaux à la confection d’articles.

La collaboration des divers acteurs  du cluster a pour objectif la consolidation du secteur, par la sécurisation des savoir-faire, le soutien et le développement des entreprises, la création d'initiatives collaboratives et innovantes, la création de services mutualisés, le partenariat avec d'autres filières.

Consulter la page de la Région sur la filière Cuir

Contact : Laetitia Doulcet (06 85 96 50 60) et Jean-Claude Jegou (06 22 49 86 80) pour les entreprises intéressées par le Cluster cuir Nouvelle-Aquitaine

Lire notre actualité du 1er décembre 2016

La formation

La formation initiale

Le niveau de qualification demandée tend à s’élever vers le Bac Pro ou BTS. La transition numérique et la volonté d’associer la filière plus étroitement au domaine du luxe ont contribué à élever ces standards.

En formation initiale, la région dispose de quelques cursus :
• CAP et Bac Pro maroquinerie (parcours de formation recréé avec Hermès) - Etablissement Jean Rostand, Angoulême
• CAP maroquinerie  - Lycée des Métiers de l’Industrie et de l’Artisanat et CFA Le Vigean, Eysines
• Titres pros de sellier  - Centre de rééducation professionnelle, Salagnac
• Bac pro métiers de la mode et BTS - Lycée professionnel Mas Jambost, Limoges
• Bac pro métiers de la mode - Lycée professionnel Danton, Brive-La-Gaillarde

70% des formés de ce GFE le sont dans le domaine du cuir. Sur le territoire Poitou-Charentes, au cours de l’année scolaire 2014/2015, ce GFE comptait 21 élèves et apprentis effectuant la dernière année de leur cycle de formation. L’insertion professionnelle pose problème, de 2010 à 2014 elle était d’environ 34%.

Le pôle d’excellence du cuir et du luxe de Thiviers, au sein du lycée professionnel Portes d’Aquitaine, est doté d’un pôle de formation et d’animation de la filière, qui permet aux employeurs de délivrer des formations dans le domaine de la maroquinerie. Une ouverture de CAP maroquinerie et sellerie générale y est prévue pour la rentrée 2017.

 

La formation continue

Dans la région, de nombreux parcours sont accessibles en formation continue. Il y existe des formations qualifiantes :
• CAP (maroquinerie, métiers de la mode, tapisserie d’ameublement, art du tapis),
• Titre professionnel (sellerie),
• Bac pro artisanat option tapisserie d’ameublement.

D’autres parcours, non qualifiants, permettent d’acquérir des savoir-faire pratiques :
• Professionnalisation Opérateur/trice de fabrication en maroquinerie industrielle (Saint-Junien),
• Préparation Opérationnelle à l’emploi collective - Opérateur/rice en fabrication de chaussure luxe (Limoges),
• Cordonnerie Multi-Services (Salagnac),
• Travail du cuir, maroquinerie - des bases à la préparation au CAP (Lavausseau).

Dans les entreprises, le recours à la formation interne est assez fort, avec les appuis et la sensibilisation de OPCALIA, l’OPCA principal de la filière textile. Consulter la liste des OPCA de la filière.
Des accords collectifs de branche portant sur l’égalité, la formation et la mise en œuvre du CPF, ont été conclus, ils sont consultables sur notre site.

 

Des outils pour découvrir les métiers du textile

L’observatoire des métiers mode-textiles-cuirs propose une présentation ludique des métiers par des fiches.

Le conseil national du cuir propose un guide des métiers du cuir.