*

Le tourisme

Au carrefour de nombreux secteurs d'activité - l'hôtellerie-restauration (18 000 salariés en Poitou-Charentes, 3,2 % de l’emploi), les loisirs (6 100 salariés en Poitou-Charentes, 1,1 % de l'emploi, mais aussi le transport -, le tourisme emploie au total environ 28 000 salariés en Poitou-Charentes. En Nouvelle-Aquitaine, ce sont 114 000 emplois salariés, une embauche sur cinq est liée au tourisme.

La filière regroupe 4 familles de métiers :

  • les métiers de l’hébergement (hôtellerie et campings) ; 
  • les métiers de la restauration et des débits de boissons ; 
  • les activités des agences de voyages, voyagistes, services de réservation ; 
  • les métiers de l'accueil et de l'animation touristique.

En 2015, la filière représentait 25 000 offres d'emploi dans la région (10% des l'ensemble des offres). Les recrutements s'effectuent majoritairement dans les domaines de l'hôtellerie-restauration (56%) et les activités culturelles, récréatives et sportives (40%).

Des emplois souvent précaires

Si les emplois sont nombreux dans notre région, tourisme rime souvent avec précarité : 25 % des emplois sont saisonniers et la moitié concerne des contrats de moins de six mois.

En réponse à la précarité des saisonniers, en 2013, le rapport Nogué faisait l’éloge du CDI Emploi-Formation, élaboré par la branche Hôtellerie de plein air. Ce contrat vise à sécuriser les emplois, à maintenir les salariés sur une zone géographique et à les fidéliser : développé avec le concours financier d’Agefos-PME, il est conclu sous modulation annuelle du temps de travail. Les salariés bénéficient d’une formation pendant les périodes creuses de l’activité et conservent leur rémunération tout au long de l’année (alternance de périodes travaillées, de récupération d’heures supplémentaires, de congés payés et de périodes de formation à hauteur par exemple de 200 h/an permettant de capitaliser sur 5 ans les 1 000 heures nécessaires à une qualification).

Quels métiers dans le tourisme aujourd’hui ?

En Nouvelle-Aquitaine, 70% des établissements de tourisme appartiennent au secteur de l’hôtellerie-restauration. Ce domaine concentre donc un emploi du tourisme sur deux. Le secteur des activités culturelles a connu une augmentation des recrutements de 6.6%. Le sous-secteur de l’accueil ne représente que 4% des recrutements. Des projets récents portent l’emploi de la filière, tels que la Cité du vin, le centre d’art pariétal Lascaux IV, le Center Parcs en Lot-et-Garonne (ouverture 2020).

Du côté de ceux qui conçoivent et commercialisent les voyages, la tendance est plutôt à la réduction des effectifs, sous l'effet du développement d'Internet et des nouveaux modes de consommation.


Selon Carole Betito, directrice de l’agence MS Group, cabinet de recrutement spécialisé dans les métiers du tourisme et du tertiaire, interrogée en mai 2016 sur les tendances en matière d'offre et de demande, cette année, nombre d'entreprises du tourisme recherchent des conseillers voyages sur mesure, des spécialistes du marketing digital et surtout des billettistes affaires.

L’environnement, nouvelle voie pour le tourisme

Le développement durable dans le tourisme consiste à intégrer tous les enjeux d'un tourisme responsable, qu’ils soient sociaux, économiques ou environnementaux, dans toutes les entreprises et destinations touristiques.

La demande est grandissante et les réponses en termes de nouveaux services ou de nouvelles pratiques touristiques se développent. Le tourisme durable est une notion assez large qui englobe beaucoup de problématiques différentes, depuis l'hébergement jusqu'à la gestion des déchets, en passant par le respect de l'environnement, les transports et la responsabilité sociale.

Le CESE s’est demandé dans un rapport dans quelle mesure le développement des activités touristiques et les politiques conduites en la matière pourraient mieux contribuer dans notre pays au développement durable ?

Dans son avis sur la question, le CESE imagine un tourisme déconcentré en demandant à chaque région de dresser un projet territorial de développement touristique fondé sur ses richesses locales, à même de proposer une offre "quatre saisons" (la moitié des nuitées touristiques se concentre sur trois mois de l'année) à toutes les populations de touristes.

Pour être durable économiquement, ce tourisme vu comme outil d'aménagement du territoire doit l'être aussi socialement, en assurant le logement et la sécurité statutaire de ses salariés. Le CESE encourage la création de groupements d'employeurs. Il juge également opportun de défiscaliser l'investissement dans les travaux destinés à la rénovation ou à la création de logements pour les salariés saisonniers.

L’hôtellerie de plein air, naturellement liée au principe de développement durable, voit ses pratiques évoluer pour l’intégrer. Le secteur connaît des transformations et c’est l’opportunité d’associer développement économique et développement durable. Il reste cependant beaucoup à faire selon un état des lieux dressé par le CEREQ.

Le tourisme devient l’e-tourisme

Depuis plusieurs années, Internet a transformé le marché du tourisme en permettant l’essor de l'"e-tourisme" qui se traduit par une nouvelle visibilité via les sites, la possibilité de réserver une chambre d’hôtel en ligne, etc.

Aujourd’hui, plus d’un Français sur deux prépare son voyage sur Internet, media qui constitue désormais le principal canal d’information pour trouver des renseignements sur une destination.

Les mesures issues des Assises du tourisme prévoient d’être offensif dans le numérique qui doit être considéré comme "la nouvelle donne du tourisme" et non comme "le grand méchant loup". Il faut développer les services Internet adressés aux touristes (géolocalisation, applications pour smartphone à destination des touristes). Les marges de progression restent importantes en particulier concernant l’utilisation des réseaux sociaux. Les habitudes sont de plus en plus liées à l’utilisation du mobile, d’où l’utilisation désormais du terme "m-tourisme".

Les métiers les plus touchés par la révolution numérique sont ceux de la conception et de la vente de séjours : aujourd'hui, plus la majorité des voyages sont réservés par Internet. Les sites de réservation en ligne ont empiété sur les activités traditionnelles des chefs de produits, des conseillers voyages et des agents de réservation. De nouveaux métiers ont également fait leur apparition, comme ceux de responsable webmarketing ou d'animateur numérique de territoire, qui font la promotion d'un lieu, d'une offre de séjours sur Internet et sur les réseaux sociaux.

Un rapport d’information sur l'impact du numérique sur le secteur touristique français publié en février 2015, tente de mesurer et d’apprécier la portée de ce choc technologique qu'est la révolution digitale pour le tourisme français. Sous le prisme du numérique, il invite à nous interroger sur les failles de notre organisation touristique, qu’il s’agisse de la coordination entre acteurs publics et privés, de l’investissement dans les infrastructures d’accueil, des dynamiques territoriales à l’œuvre, de l’agrégation de l’offre et de la demande, de la mise au point de nouveaux "produits" touristiques ou encore de la prise en compte de l’évolution des comportements des touristes.

Dans son avis "Tourisme et numérique", le CESE suggère d'utiliser toutes les potentialités du numérique en créant  un portail public de référencement de l'ensemble des offres labellisées (écolabels, accessibilité, etc.) pour permettre de faire des réservations en ligne sur les modules des professionnels concernés. En intégrant aussi dans la formation aux métiers du tourisme des modules sur le community management et sur les enjeux du numérique.

La spécialité "tourisme" pas obligatoire en formation initiale

Formation phare du secteur, le BTS tourisme permet de s'insérer chez la plupart des acteurs du secteur (comme conseiller voyage en agence de voyages, conseiller séjours en office de tourisme, agent de vente dans une compagnie aérienne, réceptionniste dans l'hôtellerie...).
De nombreuses licences professionnelles permettent également de se spécialiser en e-tourisme, en conception de produits touristique...

Mais bien souvent, pour entrer dans le tourisme, il vaut mieux viser une formation en cuisine, en marketing digital, en informatique, en management, en relations commerciales ou en sport qu'en tourisme. D'ailleurs les formations en hôtellerie seraient plus porteuses que celles en tourisme. La maîtrise d'au moins deux langues étrangères dont l'anglais est généralement exigée. 

Le niveau bac+5 (master en tourisme, gestion ou commerce) est recommandé pour accéder à des postes à responsabilités, tel que directeur d’agence de voyage, responsable d’hébergement ou yield manager…. Les doubles profils ont la cote : une licence en droit ou en gestion, suivie d'un master en tourisme, par exemple.

Quelles formations pour un tourisme français numéro 1 ?

Un rapport, élaboré conjointement par l'Institut Montaigne et la CCI Ile de France formule plusieurs propositions afin que la France maintienne sa position de leader mondial du tourisme à horizon 2030. La formation fait partie des leviers et plusieurs propositions sont faites dans ce sens : réformer les formations initiales et renforcer la formation continue ; s'appuyer sur les caractéristiques des régions pour créer des filières formation d’excellence ; redéfinir les compétences des métiers du tourisme ; favoriser l'alternance dans les formations post-bac ; adapter les modalités de l'enseignement continu aux particularités secteur ; développer la formation professionnelle dans l'emploi saisonnier.

De son côté, le Conseil de promotion du tourisme a publié en 2015 un rapport dans lequel il exprime plusieurs recommandations pour faire du tourisme français le numéro 1 mondial à l'horizon 2020. Là aussi, un chapitre est consacré à la formation. Le secteur se caractérise par une profusion de titres ou certifications dont les corpus pédagogiques se recoupent souvent, ce qui rend l'offre de formation peu lisible.
Par ailleurs, certains besoins, qui vont crescendo, sont mal couverts : maîtrise des langues étrangères, sens du service, savoir-faire numérique, culture générale. Pour pallier ces insuffisances, il est proposé de créer trois blocs de compétences modulables et transversales : la pratique des langues étrangères, le sens de l’accueil et les compétences numériques. Ils gagneraient à être intégrés dans toutes les formations consacrées aux métiers du tourisme, quel que soit leur niveau.

Le Conseil recommande aussi d'attirer davantage d'apprenants vers les fonctions d'exécution pour lesquelles il y a des besoins. Les tensions se situent sur les formations avant Bac (niveau V : CAP et IV : Bac Pro) notamment pour les métiers de l’hébergement comme les femmes de chambres.

Le Conseil estime par ailleurs que les formations à distance dans le tourisme devraient être renforcées en direction des "saisonniers" ou "de passage". Des MOOCs et tutoriels en ligne seraient particulièrement pertinents.

En 2018, un Trophée d'innovation a été remis à Mona, la Mission des Offices de Tourisme de la Nouvelle-Aquitaine, pour son projet "La fabrique e-learning". Ce projet permet de mettre à disposition des acteurs du tourisme des moyens de production de contenus de formation à distance et en ligne.

Une feuille de route interministérielle a été présentée en juillet 2017. Parmi les premières mesures concrètes annoncées, pour renforcer l'attractivité touristique :

  • L'augmentation du nombre de contrats d'apprentissage dans le secteur,
  • La signature d'un EDEC en 2018
  • La signature d'une convention-cadre interministérielle visant à soutenir la filière

 

Dossiers associés

  • *

    GFE 17 : métiers de l'Hôtellerie – Restauration – Tourisme – Loisirs – Animation – Sport

    Présentation : Le GFE 17 (Groupe Formation Emploi) s’organise autour de savoirs technologiques visant à accueillir, écouter et satisfaire les demandes du public liées aux notions de loisir et de plaisir...

    Consulter
  • *

    Hotellerie-restauration

    Retrouvez les données et informations sur les secteurs de l’hébergement, de la restauration et des cafés et débits de boissons.

    Consulter
  • *

    Activités de loisirs

    Retrouvez les données et informations sur le secteur des arts et spectacles, les activités récréatives et l’édition, l'audiovisuel et la diffusion.

    Consulter