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La croissance bleue

La croissance bleue est l’une des priorités de la Région Nouvelle-Aquitaine. Sa volonté est de soutenir la croissance durable des secteurs liés à la mer, de fédérer les diverses activités et de valoriser leur potentiel de développement. Les secteurs concernés sont très présents sur notre territoire comme la pêche, l’aquaculture, la construction navale, le nautisme et le tourisme. La filière comporte aussi des secteurs innovants tels que la biotechnologie bleue, l’énergie marine et l’exploitation minière des fonds marins.

La Nouvelle-Aquitaine totalise 720 km de littoral sur ses 4 départements littoraux. Son économie maritime représente 6,5% de l’économie maritime française et 49 000 emplois. La Charente-Maritime concentre 20 000 emplois. De manière transversale, cette croissance devra relever les défis environnementaux et sociétaux : encourager l’adaptation aux obligations environnementales, favoriser l’acceptabilité du changement et concilier les usages.

L'implication régionale

La croissance bleue est une des priorités du schéma régional de développement économique, d'innovation et d'internationalisation. (Voir notre dossier SRDEII).

L’agence de développement et d’innovation de Nouvelle-Aquitaine (ADI-NA) relaie les informations et appels à projets. Elle a organisé une journée de la croissance bleue, proposant à cette occasion une feuille de route « interclustering ». Les objectifs sont la collaboration des divers clusters régionaux et la création de projets collaboratifs.

Elle est partenaire du projet « Neptune », action d’innovation en faveur de la croissance bleue. Lancé en juillet 2016 et s’achevant en 2018, ce dispositif encourage et soutient l’émergence de solutions intersectorielles. Il a pour thèmes la gestion de l’eau en milieu urbain et rural, le transport fluvial et maritime et la logistique portuaire, et l’environnement et les énergies marines renouvelables.

Mardi 6 février 2018, le président Alain Rousset lancera officiellement le Cluster néo-aquitain de la croissance bleue. Ce cluster sera une instance d’animation et de coordination de l’ensemble des acteurs de la mer en Nouvelle-Aquitaine. La Région pilotera l’animation d’une gouvernance plurielle afin d’en fédérer les acteurs, de les associer à la définition, puis à la conduite d’une stratégie régionale.

Les secteurs établis

Les ports de commerce

La Rochelle, Rochefort -Tonnay-Charente, Bordeaux et Bayonne sont les 4 ports de commerce de la région. La Rochelle et Bordeaux sont les 7ème et 8ème ports français de marchandises.
En Nouvelle-Aquitaine, 35 000 personnes sont employées dans ce secteur (emplois directs et indirects).

Métiers et formations

Les ports de Bordeaux et La Rochelle proposent respectivement une présentation de leurs métiers et une cartographie.

Les professionnels du port occupent des postes techniques liés aux navires. Les avitailleurs assurent la livraison des provisions des navires.  Les lamaneurs amarrent les navires. Un port emploie également des pilotes (pour assister l’arrivée au port des navires ou le remorquage) et des techniciens de réparation  navale.
L’exploitation des opérations portuaires nécessite de nombreux professionnels tels que des coordinateurs de parc conteneurs, des chefs de ligne maritime, des techniciens shipplanner (responsables du plan de chargement), des techniciens planificateurs en manutention portuaire. Ces postes requièrent un Bac+2 en transport et logistique. Voir la fiche métiers de Pôle Emploi.

Des métiers sont liés à la gestion des marchandises : contrôleur des douanes, contrôleur de marchandises, stockeur et entreposeur, agents de manutention.
Les opérations de circulation internationale de marchandises font appel à diverses spécialisations, voir la fiche métiers de Pôle Emploi.

Les consignataires et agents maritimes agissent pour l’armateur. Les ports et armateurs recourent aussi aux services des experts maritimes, consultants qui apportent leur opinion dans le cas d’avaries notamment.
En 2016, 166 postes de marins salariés allaient être proposés en Nouvelle-Aquitaine selon le besoin de main d’œuvre  de Pôle Emploi. 74,7% de ces postes seraient saisonniers.

Ce schéma montre les liens entre les différents métiers du port.


Le domaine des ports, infrastructures et transports maritimes fait l’objet d’une orientation stratégique du SRDEII: travailler l’aménagement des espaces et l’intégration des ports dans leur territoire, rendre les ports compétitifs, innovants et formateurs.


La pêche et l’aquaculture

La région compte 8 ports de pêche et 5 criées. Le secteur représente 111 millions d’euros de chiffre d’affaires. 530 navires de pêche (11% de la flotte de métropole) et près de 1900 marins pêcheurs sont comptabilisés.
En Nouvelle-Aquitaine, la conchyliculture regroupe surtout l’ostréiculture et la mytiliculture, quelques autres coquillages sont produits. Près de 1 100 entreprises sont recensées dans le secteur, elles représentent 40% des emplois nationaux et de la production totale nationale. Les pôles de production sont Marennes-Oléron, Arcachon et Charron.
La pisciculture compte 150 établissements, employant 1 500 personnes. Au total, l’aquaculture emploie 9000 personnes.

Pôle Emploi estimait à 846 le nombre de postes disponibles en Nouvelle-Aquitaine en 2016. 94% de ces postes étaient de type saisonnier.


Les formations

En territoire Poitou-Charentes, les CFA et CFPPA de Bourcefranc-le-Chapus proposent un Bac Pro et une formation complémentaire. Une licence pro Production agricole, spécialité aquaculture, peut être suivie à l'université de La Rochelle.

La démarche « croissance bleue » vise la valorisation des ressources marines : veiller au respect du milieu dans les secteurs de la pêche et l’aquaculture, développer de nouvelles productions d’actifs marins.
Projet européen de technologie bleue, INvertebrateIT vise au développement d’approches innovantes pour ce secteur (signature probable des financements courant avril 2017).

Enjeux pêche et aquaculture
Les enjeux spécifiques de ce secteur sont : encourager le caractère durable, l’efficacité de l’utilisation des ressources, l’innovation, la compétitivité, la connaissance. La pêche maritime devrait faire l’objet d’efforts portant sur les installations, investissements et réseaux ; l’aquaculture devrait poursuivre les mêmes efforts et consolider le réseau de ses acteurs.
Des mesures transversales devraient concerner la commercialisation et transformation des produits. Un travail devrait porter sur le développement territorial des zones tributaires de la pêche et de l’aquaculture.


La filière nautique (et construction navale)

74 ports de plaisance se trouvent en Nouvelle-Aquitaine. Les deux premiers sont La Rochelle et Arcachon. Les immatriculations de navires sur la façade sud-atlantique représentent 14% du total national.
La filière emploie près de 4000 personnes en Poitou-Charentes. Le premier département employeur est la Charente-Maritime, le secteur y représente 360 entreprises et 3600 emplois. Au total, en Nouvelle-Aquitaine, il s’agit de plus de 6300 salariés.
Tous les métiers de la filière y sont présents. Les prévisions de recrutement sont optimistes et des métiers sont en tension, à l’exemple de ceux de dessinateur-projeteur et tourneur-fraiseur. (consulter le rapport de l’observatoire de la métallurgie et notre dossier sur la filière nautique.)

Les formations

Dans le domaine du nautisme, des formations sont proposées en Charente-Maritime : brevet de capitaine, certificat d’initiation nautique, de matelot, d’agent de maintenance en marine de plaisance, CAP réparation et entretien des embarcations de plaisance ainsi que le titre professionnel de menuisier en construction nautique. (Consulter notre site ARES pour toute information concernant ces formations).


Les orientations données à cette filière sont l’accompagnement à l’innovation dans la construction et l’ouverture des marchés.


Le tourisme

Le tourisme lié au domaine maritime représente 29 400 emplois en 2016. Les départements côtiers emploient chacun plus de 10 000 personnes
Les enjeux de la croissance en ce domaine sont le maintien et la revitalisation du tourisme, en intégrant les obligations environnementales et l’ouverture à l’international.

Voir notre dossier sur la filière tourisme


L’aménagement, la surveillance et la sécurité du littoral

La croissance bleue engage une réflexion large sur l’aménagement et la sécurité du littoral : encourager l’organisation des connaissances sur le milieu, encourager la conception d’aménagements côtiers durables.
Les acteurs du littoral sont le GIP Littoral aquitain, la DREAL et les départements.

L'université de La Rochelle propose un master de géographie et gestion des littoraux.

Les secteurs en devenir

Les énergies marines renouvelables

Ce secteur à fort potentiel dans la région reste à développer. Il représente aujourd’hui 75 emplois ETP. Il comprend l’énergie éolienne en mer, l’énergie hydrolienne (énergie des courants) et houlomotrice (énergie des vagues).
L’énergie éolienne a fait l’objet de deux appels d’offre pour son développement en 2011 et 2013. Une phase d’identification des zones pour éoliennes fixes et flottantes a été menée en 2015. Un projet de parc éolien au large d’Oléron est à l’étude, il devrait générer 400 à 600 emplois.
L’énergie hydrolienne repose sur les courants marins. Des tests sont en cours à Bayonne et Tonnay-Charente. Le site du Pont de Pierre de Bordeaux, estuarien et fluvial, sera consacré à des essais et démonstrations qui devraient débuter en été 2017. Cette énergie pourrait être à l’origine de la création de 50 emplois en Nouvelle-Aquitaine.

Le potentiel de l’énergie houlomotrice est surtout situé en Aquitaine. Les services de recherche et développement travaillent sur les technologies de ce domaine, la Région étudie le projet de création de fermes-pilotes.
Les objectifs de la croissance bleue sont le développement de la filière (formation, recherche et développement et tissu industriel) et l’intégration de la stratégie EMR.


La biotechnologie marine

La biotechnologie marine est l’étude et l’exploitation des organismes marins, pour l’élaboration de dérivés à forte valeur ajoutée (produits pharmaceutiques, chimiques, composés bioactifs).
L’évolution du secteur dépendra de la recherche-développement dans un premier temps.

Les métiers nécessaires à la croissance de ce secteur sont notamment: cadre technique en recherche-développement, chargé d'études, animateur scientifique, conseiller scientifique.

La faculté des Sciences et techniques de La Rochelle propose des parcours (licences) de biologie et biotechnologie marine et un Master. L'université de Bordeaux propose divers masters dont un master "Sciences de la mer" et un master Erasmus "MER" spécialisé en environnement et ressources marins.


L’aquaculture offshore


Assurer la durabilité et le développement de l’aquaculture est l’un des enjeux de la croissance bleue. L’aquaculture offshore/éloignée des côtes est un des axes de développement à l’étude. Les premiers objectifs sont la recherche et l’innovation, puis l’amélioration de son acceptabilité.


Les ressources minérales profondes


L’exploitation minière des fonds marins est une des orientations de la croissance bleue. L’expansion de ce domaine dépendra des recherches et études menées au préalable.
Les objectifs en ce domaine sont l’assistance à l’adaptation des capacités des acteurs et le développement de la filière (formation, recherche et développement).


Les plateformes Offshore Multi- Usages (POMU)


Le déploiement de plateformes offshore multi-usages est l’un des projets européens de technologie bleue (ENTROPI : Enabling technologies and roadmaps for offshore platform innovation, signature probable des financements en avril 2017). Ces plateformes seraient particulièrement habilitées à accueillir des infrastructures d’aquaculture et d’énergies renouvelables. Trois projets sont prévus sur la façade atlantique européenne.