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Les politiques de la formation

Plan d'investissement Compétences (PIC)

L'une des priorités du Grand Plan d'investissement 2018-2022 lancé par l'Etat concerne le développement des compétences pour faciliter l’accès à l’emploi. 15 Mds € seront dédiés à l'axe "Édifier une société de compétences" de ce plan.

Il sera mis en oeuvre via un Plan d’investissement compétences (PIC) qui sera porté sur le quinquennat par les services de l'Etat en coopération avec les Régions. Ce PIC sera décliné  dans des "Pactes régionaux d’investissement dans les compétences" signés par l'Etat et les Régions intéressées, en associant les partenaires régionaux.

Les objectifs du PIC

L'objectif est de proposer en cinq ans d'améliorer la qualification des jeunes et des demandeurs d'emploi, avec le financement de :

  • un million de places de formation pour les chômeurs peu qualifiés,
  • 470 000 actions pour les jeunes décrocheurs
  • 330 000 actions de préparation aux dispositifs d'alternance
  • 250 000 actions de FOAD non ciblées sur un public particulier.

Cet effort sera accompagné d’actions visant à :

- favoriser l'accélération de la transformation des systèmes de formation professionnelle, notamment en développant un système d’information unique de la formation professionnelle et en finançant des expérimentations, le déploiement d'outils et de méthodes innovantes pour augmenter la valeur ajoutée et l'efficience des parcours de formation.

- accompagner les personnes les plus fragiles avant, pendant et après leur formation, notamment en mettant l’accent sur l’acquisition des postures professionnelles et des compétences relationnelles attendues par les recruteurs.

Afin de proposer des formations de qualité et d’atteindre des taux de retour à l’emploi élevés, 3 conditions devront être remplies :

  • la priorité à des formations longues et qualifiantes, susceptibles d’améliorer durablement l’accès des bénéficiaires à l’emploi
  • un accompagnement individualisé des personnes admises en formation, en amont et en aval de la formation elle-même
  • une transformation de notre système de formation professionnelle pour adapter les contenus et les programmes de formation aux nouveaux besoins de l'économie (anticiper la transformation des métiers et des besoins en compétences) penser de nouvelles approches pédagogiques intégrant les nouveaux usages numériques et renforcer les mises en situation professionnelle et la formation en situation de travail. La commande de formation devra évoluer dans son contenu et son ingénierie.

A cette fin, le Cnefop est chargé de préparer un document méthodologique sur l'élaboration, le suivi et l'évaluation des futurs Pactes régionaux et un guide d'achat de formation de qualité.

Contenu du PIC

Pour les demandeurs d'emploi, il s’agira :

  • d'accompagner les personnes les plus fragiles pendant leur formation afin de prévenir les décrochages, d’anticiper la recherche d’emploi post-formation en capitalisant sur les acquis, et, le cas échéant, d’effectuer un travail de médiation entre le formateur et le formé. Les formations longues (entre 6 mois et 9 mois) et les formations certifiantes seront privilégiées.
  • de donner une information objective et transparente sur la valeur ajoutée des organismes de formation aux personnes en recherche d’emploi et aux conseillers CEP. Chaque organisme de formation détiendra un indicateur de performancequi sera calculé et publié sur le modèle de l’indicateur de valeur ajoutée des lycées et qui sera mis à disposition des demandeurs d'emploi et des conseillers en évolution professionnelle.
    Le système de certification des organismes de formation sera développé.
  • de développer un véritable système d’information de la formation professionnelle, en interconnectant les différents systèmes d’information, de dématérialiser les procédures et en offrant aux demandeurs d’emploi une interface et des services numériques qui répondent à leurs besoins.
  • de développer les formations à distance. Afin de structurer cette offre de formation sur une large palette de types et de niveaux de qualifications, un marché public national sera lancé.
  • de financer des expérimentations innovantes permettant de développer de nouvelles méthodes et modalités d’apprentissage, en s’appuyant sur les travaux des chercheurs, sur les nouvelles technologies et sur les exemples étrangers les plus réussis. Un appel à projets sera lancé à cette fin.
  • de mettre l’accent sur l’acquisition des postures professionnelles et des compétences relationnelles attendues par les recruteurs. De nouvelles prestations seront proposées pour permettre aux demandeurs d’emploi de mieux intégrer la dimension de compétences relationnelles, tant en phase de recrutement qu’en phase d’emploi.

Concernant les jeunes (ni en emploi ni en formation)

Le PIC permettra, en plus de conforter les suivis intensifs actuellement mis en œuvre dans le cadre de la Garantie jeunes, de franchir le seuil de 100 000 jeunes pris en charge chaque année par ce dispositif. Le plan pourra financer en outre une extension du dispositif d'accompagnement renforcé de Pôle emploi à 25 000 jeunes supplémentaires par an.
Des appels à projets seront lancés pour développer des solutions efficaces qui permettront de repérer et diminuer de moitié le nombre de jeunes "invisibles" (ie non accompagnés par le SPE).

Le PIC financera aussi le développement de 4000 places supplémentaires dans les E2c et les EPIDE qui ont montré leur efficacité.

Pour assurer l'adaptation des compétences des jeunes aux métiers de demain et leur intégration à leur sortie du système scolaire, il convient d’articuler plus étroitement formations initiale et continue, emploi, innovation et recherche afin de mieux répondre aux besoins de compétences des territoires et des entreprises. Dans cette perspective, les Campus des métiers et des qualifications doivent être redynamisés. Les outils numériques doivent être davantage utilisés sur ces campus.

Le PIC prévoit également une initiative pour promouvoir les expérimentations innovantes en faveur de la formation des maîtres et des professeurs.

Il financera des expérimentations dans l'Education nationale et accompagnera les transformations du premier cycle universitaire, afin d’améliorer la formation initiale des jeunes, leur orientation au lycée comme à l’université et leur insertion professionnelle.

Pilotage et déclinaisons régionales

Un ministre chef de file est chargé de piloter la mise en place et l'animation de chaque initiative du Grand Plan d'investissement et du COPIL correspondant. Pour l'axe "Edifier une société de compétences", il s'agit :

  • du ministre du Travail pour la formation et l'accompagnement des chômeurs faiblement qualifiés et des jeunes décrocheurs (initiatives 11 et 12),
  • du ministre de l'Education nationale pour la formation des maîtres et des professeurs et l'insertion professionnelle des jeunes (initiatives 13 et 14),
  • du ministre chargé de l'Enseignement supérieur pour la transformation du 1er cycle universitaire (initiative 15).

Le PIC sera notament mis en œuvre au travers de "Pactes régionaux d’investissement dans les compétences" signés par l'Etat et les Régions, associant les partenaires régionaux. Un comité stratégique national associant les Régions et les partenaires sociaux, assurera la gouvernance du plan.